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L’Essca ouvre au Kirchberg avec 50 étudiants

Présente depuis 2023, l’école française de management a officiellement inauguré son campus ce mercredi soir à la Chambre des métiers. Elle y accueille environ 50 étudiants en bachelor et en master, en anglais, et en attend 75 en janvier. Le site peut en recevoir un peu plus de 100, avant une éventuelle extension.
Elle avait commencé avec des étudiants de passage. Trois ans plus tard, l’Essca dispose au Kirchberg de ses premières promotions permanentes, d’un bachelor lancé à la rentrée et d’une spécialisation en finance destinée à alimenter le marché du travail luxembourgeois.
L’école française de management a officiellement inauguré son campus mercredi 28 octobre, dans les locaux de la Chambre des métiers. Elle avait commencé ses activités au Grand-Duché en février 2023. Ses premiers étudiants y étaient arrivés en septembre de la même année, dans le cadre d’une mobilité internationale du Programme Grande École.
«On a à peu près 50 élèves en ce moment, on en aura 75 à partir de janvier, puisqu’on accueille aussi des étudiants en échange», a indiqué Antoine Rech, directeur du campus luxembourgeois, lors d’une conférence de presse organisée avant l’inauguration. L’effectif comprend actuellement 23 étudiants dans le bachelor en management international et une quinzaine dans les cursus de master. Les autres suivent des programmes de mobilité. Le bachelor réunit pour moitié des étudiants venant de France et pour moitié des résidents luxembourgeois représentant plusieurs nationalités.
Le dixième campus de l’école
Le site de la Chambre des métiers peut accueillir «un peu plus d’une centaine d’élèves». Cette capacité pourrait rapidement être atteinte si l’école parvient à attirer une partie des étudiants inscrits sur ses neuf autres campus. «L’objectif, c’est bien évidemment de se développer beaucoup plus dans les années à venir», a expliqué Jean Charroin, directeur général de l’Essca. «Le marché va nous dire si ça fonctionne ou non.» L’école compte plus de 7.500 étudiants dans le monde. Un transfert de seulement 2% d’entre eux vers le Luxembourg représenterait déjà 150 personnes, a calculé son directeur général. L’Essca ne fixe cependant pas encore d’objectif chiffré à cinq ou dix ans.
Le campus luxembourgeois constitue le dixième site de l’école. Six se trouvent en France, à Angers, Paris, Bordeaux, Aix-en-Provence, Lyon et Strasbourg. Les quatre implantations internationales sont situées à Budapest, Shanghai, Málaga et Luxembourg. Fondée en 1909 à Angers, l’Essca est une association sans but lucratif. Elle possède le statut français d’établissement d’enseignement supérieur privé d’intérêt général. Ses excédents doivent être réinvestis dans l’enseignement et la recherche. L’école revendique environ 24.000 diplômés, dont plus de 200 travaillent au Luxembourg. Ce réseau a pesé dans le choix du Grand-Duché. Il doit également faciliter l’accès des étudiants aux entreprises et aux premiers emplois.
Le bachelor en management international a accueilli sa première promotion luxembourgeoise en septembre 2026. Les cours sont intégralement dispensés en anglais. Le programme permet de répartir ses trois années d’études entre plusieurs pays et campus. Le Programme Grande École propose, pour sa part, un cursus de niveau master orienté vers la finance. Sa spécialisation luxembourgeoise couvre notamment la gestion d’actifs, les fonds d’investissement, l’audit, la conformité, la gestion des risques et la finance d’entreprise. L’établissement veut ouvrir à la prochaine rentrée la première année complète du cycle master au Luxembourg. Un enseignement consacré à l’intelligence artificielle et à la création d’agents doit parallèlement être intégré au cursus sur l’ensemble des campus.
Lien avec les entreprises et écosystème multiculturel
Le lien avec les employeurs constitue l’un des principaux arguments avancés par l’école. Les étudiants ont récemment visité UBS. D’autres rencontres sont annoncées avec Société Générale et Crédit Agricole. PwC figure également parmi les partenaires cités par le campus. La présence à la Chambre des métiers doit permettre à l’établissement de ne pas limiter ses relations aux banques et aux grands cabinets. L’Essca veut aussi exposer ses étudiants aux petites et moyennes entreprises, à l’entrepreneuriat et à la reprise d’entreprise.
Les étudiants du bachelor effectueront un stage à la fin de leur cursus. En deuxième année du cycle master, les cours se concentrent entre septembre et décembre. Ils sont suivis de six mois de stage à partir de janvier.
L’école ne dispose pas encore de données sur la proportion de ses étudiants qui trouveront leur premier emploi au Grand-Duché. Ses premières promotions ayant effectué un cycle complet au Luxembourg ne seront diplômées que dans les deux prochaines années. L’Essca promet alors de réaliser des enquêtes de sortie pour mesurer le nombre de diplômés restés au Luxembourg, partis dans un autre pays ou revenus ultérieurement. La rétention des talents a également été évoquée lors d’une rencontre avec le ministre de l’Économie, Lex Delles, trois semaines avant l’inauguration. Selon la direction de l’école, le ministre n’a pas demandé au campus d’abandonner son orientation financière au profit de l’intelligence artificielle ou d’une autre spécialisation. Les formations devront en revanche correspondre aux besoins des employeurs et conduire à des emplois disponibles au Luxembourg.
Cette adaptation pose une difficulté. Les cursus reconnus et accrédités ne peuvent pas être transformés au même rythme que les technologies utilisées dans la finance. Jean Charroin le reconnaît: les modifications du tronc commun doivent passer par des procédures de validation. «Nous sommes une école de management, nous ne sommes pas une école technologique», a-t-il également rappelé. L’établissement veut néanmoins former des managers capables de comprendre l’intelligence artificielle, la tokenisation, les crypto-actifs et la cybersécurité. Pour gagner en réactivité, l’école entend utiliser des cours optionnels, appelés «électifs». Ils peuvent être créés plus rapidement et proposés à distance aux étudiants des différents campus. Les enseignants disposent également d’une marge d’innovation portant sur 10% de leurs cours.
Triple accréditation
Au Luxembourg, un conseil territorial réunissant entreprises, institutions et personnalités qualifiées doit identifier les compétences nécessaires dans les trois prochaines années. Il comprend notamment Laurent Marochini, responsable de l’innovation chez Standard Chartered Luxembourg. De nouveaux enseignements territorialisés doivent être choisis en décembre, développés au premier semestre 2027 et proposés aux étudiants à partir de septembre.
La finance verte figure parmi les pistes mentionnées. L’école envisage également de combiner les compétences de ses différents campus. Un séminaire consacré à la cybersécurité pourrait ainsi commencer au Luxembourg et se poursuivre à Málaga, où l’Essca développe son offre technologique.
Le campus est couvert par les accréditations internationales AACSB, Amba et Equis de l’école. Son bachelor confère un grade français de licence. Son Programme Grande École délivre un grade français de master. Les diplômés peuvent demander la reconnaissance de leur titre au Luxembourg, notamment lorsqu’ils souhaitent accéder à un emploi public ou poursuivre leurs études.
Le logement reste l’un des obstacles au recrutement international. L’école transmet aux étudiants une liste d’acteurs immobiliers, sans proposer elle-même de résidence. Certains choisissent le coliving au Kirchberg. D’autres résident dans les zones frontalières et effectuent quotidiennement le trajet vers le campus.
L’Essca développe enfin la formation continue. Elle travaille avec le Paperjam Business Club sur plusieurs programmes et fournit une formation en leadership à la Chambre des métiers.
La cérémonie d’inauguration a réuni Antoine Rech, Jean Charroin; le directeur général de la Chambre des métiers, Tom Wirion; l’ambassadeur de France, Christophe Bouchard; et Patrick Goldschmit, pour la Ville de Luxembourg. Deux diplômés, Cédric Brignon, directeur financier et de la transformation de Banijay Entertainment, et Benoît Nevouet, responsable de la branche luxembourgeoise de Bank of America, ont été choisis pour illustrer les débouchés du réseau.
Le dixième campus dispose maintenant de son adresse, de ses premières formations et d’une capacité initiale d’une centaine de places. Sa réussite se mesurera cependant au nombre d’étudiants qu’il conduira jusqu’au diplôme, puis au nombre de jeunes professionnels qu’il permettra au Luxembourg de retenir.
Source : Paperjam.lu
Crédit photo : Paperjam